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Occupation de la journée : reportage animalier


* La guerre aux longues oreilles *
envoyé par _-Marion-_. - Regardez des vidéos d'animaux drôles.

4 Commentaires 15.3.10 19:51, Commenter

* J'irai vomir sur vos tombeaux *

 

 

 

[ Laisse-moi sortir ]
[ Viens me sauver de la corde ]
[ Viens écarter mes barreaux ]


Le monde est trop grand. Et moi je suis bien trop petite. Je me sens flotter à côté de moi-même. J’ai si peur que je m’évapore, mes pieds ne tiennent plus, mes jambes tremblent, il y a tel un brouillard invisible qui me foudroie.

Un passage à la poste, où je dois photocopier ma carte d’identité. L’air ambiant, dans la rue, est pire que fumée de cigarette. Il étouffe en plus d’intoxiquer. J’ai chaud, si chaud, et pourtant la température n’est guère appréciable. J’entre et me retrouve au beau milieu d’une meute de personnes étrangères, j’ai envie de partir en courant. Traversant la meute, je me sens flotter, loin, je ne suis plus là, tu vois, ne reste que ce corps qui tente de se fondre dans la masse, sans moi. Je suis partie, elle est partie, dans un ailleurs inaccessible. J’ai chaud, j’ai envie de vomir, je suis folle, définitivement folle. Mon estomac s’est retourné, mes jambes flagellent, je ne devrais pas être là, je ne suis pas faite pour cette vie là.

Du soleil derrière la fenêtre close. Ce serait bien d’aller photographier l’inutile sous ses rayons. Mais non, je resterai ici. Dans cette boite fermée.
Je regrette mon ancienne aisance, à Lyon. Particulièrement l’année des beaux-arts, où rien ne me faisait peur, on m’avait trop agréablement lavé le cerveau en clinique. C’était bien, d’évoluer sans avoir l’impression que l’on y survivra pas. C’était bien, la liberté.

Laissez-moi me boucher les oreilles, et fermer les yeux, très fort. Je sature. Je sature et essayer, je n’en ai plus envie. Plus la force.

Je m’accroche à la Savoie comme à une pause pouvant éventuellement rafistoler les failles, même si j’anticipe déjà le trajet en train. Il y a un diable dans ma tête qui m’assure qu’il va encore se passer quelque chose, que le train c’est mal, dangereux, empli de gens, surtout.
Que vais-je faire en rentrant ?
Quand je réintégrerai la vie officielle ?
Je terminerai mes derniers cours, je devrai chercher un travail tout en alternant entre la psy et le médecin pour vaincre les chaînes qui déchirent la peau. Il me faudra avoir confiance, être sûre de moi, vanter mes mérites à d’hypothétiques employeurs, parler sans bafouiller, me rendre sur les lieux sans fuir ni fondre en larme ni partir en crise d’angoisse ou de panique. Il me faudra ramener des billets, pour payer le toit, pour payer l’eau, pour payer le pain, pour payer l’électricité, pour payer la vie.

Ce n’est pas de l’égoïsme que de dire, non, merci, vraiment.
Juste un choix.
Que le soleil arrête sa course. Que les étoiles se suicident. Que la lune tombe dans les pommes. Que tout s’arrête. Si j’avale trois somnifères, la journée se terminera plus vite. Et ainsi de suite. Tuer le temps. Ne plus savoir. Ni le vouloir. J’ai envie de vomir.


Vomir les tourbillons qui font mal.

15.3.10 11:24, Commenter

15.3.10 13:38, Commenter

Extrait

CREON

Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tout le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Etéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras, toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir ; la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.

ANTIGONE

Le bonheur…

CREON

Un pauvre mot, hein ?

ANTIGONE

Quel sera-t-il me bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra -t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu’elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard ?

CREON

Tu es folle, tais-toi.

ANTIGONE

Non, je ne me tairai pas. Je veux savoir comment je m’y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c’est tout de suite qu’il faut choisir. Vous dites que c’est si beau la vie. Je veux savoir comment je m’y prendrai pour vivre.

CREON


Tu ne sais plus ce que tu dis, tais-toi.

ANTIGONE

Si, je sais ce que je dis, mais c’est vous qui ne m’entendez plus. Je vous parle de trop loin, maintenant, d’un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (elle rit). Ah ! Je ris, Créon, je ris parce que je te vois à quinze ans tout d’un coup ! C’est le même air d’impuissance et de croire qu’on peut tout. La vie t’a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.

CREON

Te tairas-tu enfin ?

ANTIGONE


Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur ! Avec votre vie qu’il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu’ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n’est pas trop exigeant. Moi je veux tout, tout de suite, et que ce soit entier, ou alors je refuse. Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d’un petit morceau si j’ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd’hui, et que cela soit aussi beau que quand j’étais petite, ou mourir;

14.3.10 23:41, Commenter

* 3.14 *

 

 

 

Il faudrait que je bosse mes cours.

Jusqu’à maintenant, tout coulait tel un fleuve tranquille. Même si le domaine commercial, qui a remplacé les cours animaliers, me donnait la nausée. Comment attirer le portefeuilles des clients par des moyens sordides, ne culpabilisez pas, ils sont votre gagne-pain.
Sauf que, désormais, ce sont les maths qui remplacent les cours commerciaux à gerber.
Et les maths, ce n’est pas de la mauvaise volonté, juste une puissante allergie.

A quand datent les derniers cours de maths ?
Au lycée, en première, vu qu’en terminale, nous autres littéraires préférons nombre de domaines plus fascinants que les formules impersonnelles à apprendre par cœur.
Donc cela fait… cinq, six ans que je n’ai pas cherché à comprendre les hiéroglyphes scientifiques.  Sans parler qu’au baccalauréat, j’ai eu une fabuleuse note, cinq sur vingt.

J’essaie de comprendre.
J’ai assimilé des formules stériles, mais je ne vois pas à quoi elles servent dans la vie. Je passe de longues heures à faire les mêmes exercices, notant tous les résultats différents que je découvre au fur et à mesure. Ca en serait presque amusant, si j’avais que ça à faire.

Je bloque sur l’inversement proportionnel. Entre autres. Rien que l’expression ne veut rien dire. Tout du moins, en ce qui me concerne, c’est du Delaunay, du Kandinsky, on regarde, l’œil globuleux, en se demandant ce que ça peut bien vouloir dire.
Je mélange tout, coûts d’achat, marge, prix de revient, ça me rend dingue.


L’homme qui apprécie les mathématique est un masochiste.

2 Commentaires 14.3.10 23:04, Commenter

La liste

 

 

 

 - Mon gros pull col roulé noir en laine me gratte. Plutôt ça que de congeler.


-  Ai encore coloré mes cheveux. Un coup de tête qui ne se voit pas. Envisage de commencer un classeur avec toutes les couleurs que je tente (emballage déchiré à l’appui) à raison de plusieurs fois par mois, dans l’espoir d’apercevoir autre chose dans la glace, un quelque chose plus supportable sous une teinte différente


- Pour je ne sais quelle raison obscure, ils ont tiré de gros feux d’artifice ce soir. J’ai osé me dire que nous n’étions pas au mois de juillet, puis j’ai pensé au fait qu’il existe nombre de traditions dont je n’ai jamais entendu parler, dans cette région, alors bon. Je n’ai pas regardé, j’ai juste essayé de suivre un reportage concernant Cléopâtre sur Arte, dont on a trouvé les ossements de la sœur en Turquie, une sœur que Cléopâtre ne portait pas dans son cœur vu qu’elle l’a faite assassiner. Ai oublié le prénom de cette dernière. Je risque bien évidemment de passer ma nuit à rajouter des détails à cette histoire en creusant sur internet.


- Passerais ma vie devant des reportages sur Arte, si je m’écoutais, si c’était rentable.

 - Plus que deux semaines avant la Savoie, vais commencer à compter les jours, tatouer des barres sur une feuille. Besoin d’air, d’oxygène, de vide, d’étendues immaculées, besoin de hurler en haut de la falaise, besoin de revoir les amis présents, la famille, besoin de m’enfuir dans les bois, loin de tout, besoin de trébucher sur mon enfance, dont on a recouvert la tapisserie fleurie sous deux couches de peinture violette


- J’espère qu’il y aura encore assez de neige pour s’enterrer, ceci-dit. Plus facile à espérer que le fait que l’on me prenne la voiture, ce qui ne risque pas d’arriver. Mon permis me sert de décoration dans mon portefeuille. Il se la joue Plante Verte. Ou plutôt Rose.


- Les somnifères ne font plus aucun effet sur moi. C’est assez désespérant.


- Depuis que j’ai vu Shutter Island, je me plait à penser que le quotidien que je vis n’est qu’une invention de mon esprit pour cacher autre chose. Ca occupe les temps morts. De se chercher une autre vie que l’on aurait dissimulée.


- Humeur massacrante, crise de nerf intériorisée.


- Envie d’une séance photo avec des amies, jouer la grande photographe puis m’amuser avec Photoshop, et réinventer les souvenirs.


- Nuit trop calme. L’agitation lyonnaise me manque. Plus personne ne hurle, ne crie, plus personne ne lance des bouteilles contre les murs, ne chante faux, plus de sirènes de police, rien qu’un vide impénétrable version Stephen King.  Surtout que nous sommes un samedi soir. Lorsque je sors sur le balcon pour quelques bouffées salvatrices, tout est vide, éteint, désert. Ni véhicules ni passants, ni bars ni lumières. C’est glauque.


- Besoin de lire une bonne vieille tragédie grecque où la mort resplendit. Autre qu’Antigone, je précise, j’en connais les phrases par cœur. C’est si délicat et empli d’une beauté éphémère, les tragédies grecques. Je pense voter pour Andromaque.


- Je n’ai rien fait de la journée. Je me souviens m’être allongée sur le canapé, allumé l’écran de la télévision, être tombée sur des reportages sur les stars. J’ai regardé, ça parlait de Lindsay Lohan. J’ai eu peur d’être enceinte en voyant ma réaction, j’avais de la peine pour cette gamine qui a le même âge que moi. J’avais mal de voir la façon dont une mère a poussé sa fille sur les planches pour l’argent dès la petite enfance, et la fille répondre aux journalistes « oui, c’est rigolo, mais je préfère l’école, j’espère y retourner » , constater que la célébrité n’est pas pour tout le monde, voir la jeune femme tantôt alcoolique, anorexique, ou droguée, chercher l’affection de son père absent, qui passe dans toutes les émissions télévisés depuis que sa fille dégringole, un père qui ose vendre des conversations téléphoniques privées avec sa fille, lorsque cette dernière se confie enfin sans journalistes pour l‘espionner, à la recherche d’un père absent. Ca m’a fait de la peine, de voir ce que des gens sont capables de faire pour du fric, encore une fois. Je regardais Lindsay, sur l’écran, une bouteille à moitié vide à la main, et j’ai pensé très fort pour lui envoyer mon soutien. Constater que nos parents vont jusqu’à chercher à gagner de l’argent avec notre détresse, ça dépasse l’entendement. J’ai grandi, j’avoue, avec les films Disney où jouait la petite Lindsay. Je me sentais moins seule de la voir sur l’écran, elle et sa jumelle imaginaire.Dois-je avoir honte ? Je ne sais pas. Si je suis peinéee pour quelqu'un d'autre dans le genre d'ici quinze jours, je sais pas moi, Madonna, ou Paris Hilton, là, oui, il faudra agir, et vite. J'ai de la peine pour un êttre humain, star qui plus-est, après mes fouilles archéologiques égyptiennes virtuelles, j'analyserai l'affaire pour vérifier si cette empathie a lieu d'être. J'ai honte.

Ou alors ils ont fait un montage qui lave le cerveau des gens comme moi ?

=>  http://www.m6replay.fr/#/emissions/acces-prive/9634


- J’attends Morphée.


- Vais aller errer sur le site de Arte ou de la 5, j’ai besoin d’un bon vieux reportage animalier, scientifique, littéraire, n’importe quoi.

2 Commentaires 14.3.10 01:27, Commenter


Fuck Them All Clip
envoyé par jeremyb06. - Regardez d'autres vidéos de musique.

13.3.10 23:37, Commenter