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* Le monde adulte, isolé, un monde abrupt, et là, je broie du noir ! * MF

 

 

 

Je ne suis pas idiote, je suis stupide. Ou l'inverse. Ou les deux. Plutôt que de démarrer et courir droit devant moi, je devrais prendre le temps d'analyser, de temps en temps. Syndrome du lièvre.

Le concours de nouvelles parlait de 10 000 à 15 000 caractères. Pas mots. Je m'en suis rendue compte à l'aube, en relisant le règlement. Quelle tâche, mais alors quelle tâche. J'ai donc repris ma nouvelle initiale, avant tous les rajouts, et j'ai analysé, comme toute bonne tortue. Caractères à réduire. En fin de journée, lorsque Sam est rentré, j'&tais affalée derrière l'écran, les yeux rouges et gonflés.

" Tu sais quoi ? 15 000 catacères. J'y suis arrivée. Et ça se trouve maintenant ça ne veut plus rien dire. Mais j'y suis arrivée. "

Autorisation remplie après triple relecture, sait-on jamais ce qui se lit entre les conditions.

Ne reste plus qu'à finir de relire à m'en rendre folle, imprimer en deux exemplaires, les faire relier, signer autorisation, aller à la poste, et demander un recommandé.  Quitte à se que ça parte, autant que ça arrive. (et en plus, ça me fera un exercice, de parler à une dame, ou un monsieur, pour envoyer mon bébé)

***

Une angoisse tout aussi idiote à l'idée de rencontrer Edith.

Les scénarios catastrophe affluent, comme mon (crétin de) cerveau sait si bien le faire. Je ne vais pas savoir que dire. Mais heureusement, Sam sera là pour son arrivée, il détendra l'atmosphère. Mais même, je ne vais pas savoir quoi dire. Et quand je parlerai, elle saura que j'ai la trouille. Je vais bégayer, ne pas parler assez fort, faire mes habituelles gaffes, être ridicule, stupide, crever de honte. Et puis, elle va me trouver énorme. Et bla, et bla, et bla.

Et bla.

Tout se passera bien. (si, si, maudit cerveau,  tu peux pas te débrancher de temps en temps, la nuit par exemple, histoire que je dorme ?)

J'ai continué mon dernier bouquin sur l'anxiété sociale aujourd'hui. Ça me passionne, tous ces sous-types qui existent, tous ces symptômes, tous ces noms d'hommes ayant brutalisé le cerveau humain pour en tirer des conclusions. 

Bien plus intéressant que le savoir-être commercial ou la gestion d'une entreprise.

Moins chiant que quatre heures de cours à faire des croquis d'un type nu qui écarte ses jambes pile devant nous. (pensée à Thierry, le modèle qui aimait tant s'étendre à poil devant nous, pauvres élèves, en manaa. Pensée vis à vis de cette fois où il écarta ses jambes devant moi, et que dessiner avait été atroce, surtout lorsque la prof était arrivée, me demandant pourquoi je lui avais fait une croix entre les jambes au lieu de tenter de le reproduire. Et reproduire, le terme, m'avait emportée dans la savane, où j'imaginais des lions s'accouplant. Tierrhy était un lion. Un lion sadique en pius).

Tout c'est tout. Les touches alphabétisées de mes cordes vocales se refusent d'être plus amplement tapotées.

Quelle pub pour ce soir ? Mhum. ( Ssssseeeeeaaaannnnnnn ! )


1 Commentaire 6.2.10 00:00, Commenter

Laisser ma trace...

 

 

 

Pourquoi ai-je pris deux somnifères ?

Généralement, mes petits cachets ne font pas effet. A partir de 3, ils m'assomment, lorsque j'en avale 5, je dors jusqu'à ce qu'un nombre élevé de décibels me réveille.

Avachie sur mon clavier, je tente de remplumer ma nouvelle. Tout à l'heure, 5026 mots. J'ai peiné pour en arriver à 5462. Si je parviens, avant la date finale, à 10 000 mots, ma nouvelle aura perdu tout ce que je m'étais acharnée à  construire : du brut, sans description nauséeuse, du tranchant, du volatile.

Généralement, je suis très inspirée la nuit. Lorsque la lumière du jour survient, j'abandonne mes écrits pour l'aquarelle.  Hors de question que je dorme. Je dois trouver une solution. Au moins, ça me rajoute un but. Prouver que je vaux quelque chose, que je suis capable, que je ne suis pas une moins que rien.

Je viens de lire le règlement. La nouvelle ne doit comporter aucune mise en page. Ils sont gonflés !  Ils veulent des blocs informes, c'est ça ? Qu'importe. Je vais virer ma mise en page. Pondre de l'impersonnel. J'y passerai autant de nuits blanches que possible, étant donné que les éditions Bayard font parti du jury, j'ai toujours l'utopique espoir qu'on me laisse une chance.

Pfffffiou.

Je ne veux pas être la première pour recevoir 1000 euros, je veux que l'on m'offre une chance.  Qu'un névrosé me remarque et m'embarque. Laisser ma trace...

On ne vit qu'une fois. Alors les nuits blanches, hein...

 


5.2.10 01:19, Commenter

Luciole D'Or

 

 

 

Nous discutons de lettres en mails, de mails en lettres, depuis un petit bout de temps, et pourtant nous ne nous sommes jamais vues.

C'est surtout de ma faute. Il était prévu que l'on se rencontre lorsque Lyon nous comptait parmi ses habitantes. Mais Sam y est allé seul. j'avais peur d'avoir mal, peur de sa maigreur, peur de décevoir, et j'en passe et des meilleures.

Nous nous sommes perdues de vue aussi, encore à cause de moi, de mon isolement, mon mutisme. Mon hibernation.

Samedi nous irons la chercher à la gare. Je me ferai probablement toute petite, cachée sous mes cheveux, collée à Sam.

Entrevoyant au loin Edith, Petite Luciole d'Or.

4.2.10 23:21, Commenter

Pierre, feuille, ciseaux

 

 

 

Concours :

Du fait du concours, je potasse ma nouvelle. Elle doit faire entre 10 000 et 15 000 mots, soit une dizaine de pages selon eux. La mienne fait 5026 mots, pour treize pages.

Guère envie de rallonger des passages que j'exige courts et intenses. Cela n'aura plus aucun intérêt si je rajoute de longues descriptions, ou que je multiplie les dialogues.

En même temps, comme l'envoi se fait par la poste, ils ne devraient pas prendre la peine de compter les mots, ils verront qu'il y a treize pages, ce qui correspond à la description du concours... je ne sais pas. Il faut dire que ma nouvelle est aérée. Ce n'est pas un bloc de mots impersonnel. Ca m'énerve.

Il faut également que je relise le recueil que je vais envoyer aux maisons d'édition trouvées dans cet imposant annuaire de maisons d'édition que m'a offert Lisa pour Nowel. J'arrêterai de tenter de me faire une place parmi les écrivains uniquement quand on m'incinérera.

Boulimie

Du fait de restrictions sévères, mon organisme s'affole. Il en a trop bavé dans le passé, de mes jeûnes apocalyptiques. Quelque part, je le comprends, mais s'il n'était pas aussi laid, je le laisserais tranquille.

Ainsi me suis-je enfilé nombre de choses dégueulasses. De la charcuterie, quatre croissants, la boite de ferrerro rochers, du pop corn sucré,des boulettes aux épinards, du nutella, du riz et une boite de petits beurre. Après avoir vomi, j'ai titubé contre un meuble et mon piercing s'est aussitôt ensanglanté. Je ne l'ai vu que plus tard, en me croisant dans la glace : du sang partout. Quelle joie.

Edith

Edith risque de venir à partir de dimanche. Enfin, cela dépendra de ses parents, mais je croise les doigts. Il n'y a que quand je suis seule que je déraille, sinon j'aurais refusé l'idée de l'inviter de peur de la contaminer davantage. J'espère. 

Et croise même les orteils.

Divers et variés

Du fait de m'être levée tôt, j'ai rattrapé une bonne partie de mes cours. Et envoyé le devoir que j'ai fait entre midi et deux. Le savoir-être commercial, y'a rien de plus emmerdant à étudier. Mais bon. D'ici trois cours, j'aurai terminé ma formation. Mais j'ai décidé d'être utopique. Si un jour j'ai assez d'argent, je reprendrai mes études d'art.

Décision de faire un joli dessin à Ludivine. Je vais tenter de faire une demoiselle gothic-lolita. On verra. Lisa m'a demandé si je pouvais lui dessiner quelque chose, ça sera donc un deuxième dessin, probablement inspiré de Victoria Francès. Ecrire à Daphné, appeler Edith. Faire vérifier mes lettres de motivation (pas encore écrites) et mon CV (ridicule) à Sam avant de tout envoyer.

Finir mon livre sur l'anxiété sociale qui m'apporte plus de pistes que ma thérapie. Retourner chez le toubib pour renouveler mes drogues légales, mes bonbons du bonheur de toutes les couleurs. Voire prendre rendez-vous chez le dentiste, mais ça m'arrange, j'ai perdu le numéro de téléphone.

 ...

PS : Je me suis excusée à Sam pour hier soir

PPS : Encore une pub :


4 Commentaires 4.2.10 16:05, Commenter

* HONTE *

 

 

 

Pour la deuxième fois de ma vie, à 23 ans, je rédige un CV.

Si, si, je l'ai déjà fait, l'année dernière, dans l'utopie d'entrer dans une école d'art-thérapie. Ils ne m'ont jamais répondu d'ailleurs.

Je bats des records de " vide " en matière de CV. Y'a bien une petite liste d'études, mais vu qu'elles n'ont pas abouti... quant à mon expérience professionnelle, c'est radicalement blanc.

Qui voudra embaucher, même en tant que caissière, une pauvre fille qui n'a que le bac, vu que les quatre années d'études d'arts à la suite de dernier ne sont d'aucune utilité ? (sans parler de sa peur bleue de ses concitoyens voire de tout ce qui touche le domaine social)

J'ai honte. J'oserai jamais envoyer une feuille aussi pâle. On va bien rire en la lisant. On va se dire que je suis tombée de la dernière pluie, ou alors que j'ai une profonde foi en l'espoir.

Quand je deviens trop déséspérée, que j'ai vendu sur le net tout ce qui ne me servait plus, j'interpelle Sam.

"  Tu crois que y'a des gens qui seraient assez cons pour payer si je fais de beaux dessins ?

- Tu peux toujours essayer, surtout sur internet. Mais dessine des originaux."

Je lève alors la tête au ciel  au cas où une gentille enclume accepterait de s'écraser sur mon crâne.

Quand on est motivé à être esclave mais qu'on ne dispose pas des qualifications pour ce genre de travail inhumain, c'est pas la joie. Mais bon, on verra bien ce que ça donne.

Et si rien ne marche, je vendrai un de mes reins au noir.

1 Commentaire 4.2.10 09:44, Commenter

 

 

 

 Je n'en sais rien. Faut-il que je dise "oui" tout le temps ?

L'un des grands challenges de mon ex-psychiatre était de m'aider à m'affirmer. Dire non, particulièrement. Ne pas me préoccuper de l'avis de ceux qui seraient visés. Il me disait que lorsque je m'écouterais et dirais ce que je pense, ce serait déjà un grand pas.

J'ai plutôt l'impression qu'il y avait moins de conflits au temps où j'étais métamorphosée en "oui-oui et la voiture magique". Quand on vit avec un "oui"oui", et que ce dernier troque sa voiture jaune contre des "non" censés confiner son existence... l'entourage serre les dents. C'est vrai, il n'y a rien de plus pratique d'un individu qui accepte tout, et dont il ne manque que la laisse.

 Dire "non" me fait plus de mal que dire "oui". Je ne sais plus où j'en suis.

L'autre jour, j'ai vu une affiche pour un concours de nouvelles. Il se termine le 16 mars. La nouvelle doit comporter entre 10 000 et 15 000 mots. La mienne n'en fait que 5000.

Je m'étais jurée d'arrêter ce genre de concours, surtout depuis la dernière fois, où j'avais terminé deuxième. Troisième, passe encore, mais finir deuxième, il n'y a rien de plus enrageant.

De toute façon, je crains que la noirceur entourant l'écrit que je prépare ne plaise qu'à des cinglés en voie de disparition. Mais bon.

Si quelqu'un veut en savoir plus ; http://www.vivreplus.fr

Autrement, on a adapté un de mes livres fétiches, "la nostalgie de l'ange, au cinéma. Faudra que j'aille voir ça : /


4.2.10 07:07, Commenter

 

 

 

C’était soit ça, soit je me barrais en douce, pour avancer droit devant moi, me perdre, et avec un peu de chance, je serais morte d’hypothermie.

 

 

 

 

 

Il m’énerve. Il refuse de communiquer.  Il s’énerve.  Il fait la gueule. Et m’ignore.

 

 

 

 

 

Nous avions prévu de passer le week-end ensemble. Mais non. L’un de ses neveux va venir passer les vacances chez ses parents. Et personne ne peut l’emmener. Et à dix ans, il ne prend pas le train. Conséquence directe, tout le monde s’est tourné vers Sam.

 

 

 

 

 

Et comme Sam est pendu au bout d’un cordon ombilical en fer forgé, il a dit oui. En gros, nous partirions samedi matin, parce que sa sœur habite à des heures et des heures de route d’ici. Une fois arrivés, il serait tard, donc nous dormirions là-bas. Pour repartir avec le gamin le lendemain. Et à tous les coups, une fois chez ses parents, on aurait droit à un repas interminable.

 

 

 

 

 

J’aurais aimé ne pas m’énerver, ne pas dire que se voir tous les deux de temps en temps, ce serait bien, qu’une vie de couple, c’est la base d’un couple, que la famille, oui je sais c’est important, mais tout le temps, ça brise tout.

 

 

 

 

 

« Tu m’énerves ! Toujours la même chose ! Tu veux rien comprendre ! »

 

 

« Mais comprendre quoi ? J’aimerais juste passer du temps rien qu’avec toi ! »

 

 

« On y va pas tout le temps, en plus »

 

 

« Non, à peine tous les week-end ! »

 

 

 

 

 

Les hurlements, l’envie de me barrer, les larmes, les envies de meurtre. Je vais bien dormir, étant donné que j’ai avalé cinq somnifères sous la colère, et que j’hésite encore à en prendre plus. Hier soir, deux brûlures de cigarette, je vais en rajouter deux douzaines.

 

 

 

 

 

Envie de me cogner la tête contre un mur, hurler, crier, pleurer, fuir de cette relation qui finalement m’étouffe plus qu’autre chose.

 

 

 

 

 

On ne pourra jamais vivre ensemble. D’ailleurs, je ne veux pas d’enfants, contrairement à lui. Et le jour où sa chère famille apprendra qu’il faudrait m’attacher, me violer, et m’enfermer toujours enchaînée pendant neuf mois pour que j’accouche… ils vont tout faire pour qu’il soit dégoûté de ma personne.

 

 

 

 

 

Il ne parle plus. Il se réchauffe les plats que lui prépare sa maman. Comment communiquer, résoudre un problème avec un mur ?

 

 

 

 

 

Faut que je me barre. Que je commence une nouvelle vie. Sans hommes. Une vie pathétique, qu’importe, du moment que je suis libre.

 

 

3.2.10 21:11, Commenter